RECONSTRUCTION(S) :

Vivre après la guerre en Nouvelle Aquitaine

Notre projet: on vous explique tout!

    Cette année, Archimuse s'empare d'un objet patrimonial peu connu: la Reconstruction d'après-guerre. La valorisation de ce sujet est faite en collaboration avec la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Nouvelle-Aquitaine qui nous apporte son soutien.

 

Qu’est-ce que la Reconstruction ?

 

     Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’Europe est dévastée. En France, on dénombre 74 départements touchés par les bombardements. La Nouvelle-Aquitaine est la 5ème région la plus impactée de France, avec des villages détruits dans leur quasi-totalité comme Rouffignac-Saint-Sernin-de-Reilhac ou Oradour-sur-Glane. Des villes et des quartiers entiers se retrouvent rasés. Ce sont près de deux millions de logements qui sont détruits ou endommagés sur l’ensemble du territoire et plusieurs grandes infrastructures comme des ponts, des usines ou des voies ferrées. Mais ce sont surtout des millions de sinistrés qui se retrouvent alors sans domiciles, placés dans des baraquements de fortune. Des millions de personnes sont désemparées au sein de leur ville et de leur quartier, défigurés par les bombes. Ce changement brutal est un traumatisme  pour tous, et c’est ce bouleversement social que nous tenons à mettre en lumière.

   Le patrimoine de la Reconstruction d’après-guerre est spécifique par la dimension humaine que l’on retrouve dans son immatérialité : jamais un choc ne fut aussi violent, et les changements sociaux qui en ont découlé aussi radicaux.


 

   Si le nord-ouest est principalement touché, de nombreuses villes de Nouvelle-Aquitaine le sont également, comme Royan (17), Bordeaux (33), Poitiers (86) ou encore La Rochelle (17).

    La création du Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme en 1944 pose les premières pierres de ce chantier de grande ampleur. Il a pour but de résoudre cette situation dramatique dans un contexte de crise économique, sanitaire et sociale. Cette période de relèvement national perdure jusque dans les années 60 et est suivie d'un développement intensif des villes jusqu’en 1975. Elle donne naissance à une grande modernisation architecturale et urbanistique. La situation d’urgence, de pénurie et de reconstruction après cette table rase est un véritable terrain d’expérimentations pour les architectes et les ingénieurs de l’époque, avec des créations allant de l’identique au renouveau total.

 

   Au sortir de la guerre, le climat social est pesant. L’environnement est défiguré, l’architecture représente le seul moyen pour certains de se raccrocher à une forme familière et rassurante du temps passé. Cependant, de nombreux architectes tentent d’accompagner la Reconstruction en pensant les habitations comme des logis modernes et parfois radicalement différents d’avant, provoquant le rejet et la peur chez certains habitants. 

     Nos actions sur le territoire

 

   Il nous tient donc à cœur de réintégrer ce patrimoine d’après-guerre dans la vie culturelle néo-aquitaine. Cette ambition part du constat qu’il s’agit d’un patrimoine méconnu malgré son caractère de proximité et d’accessibilité. La Reconstruction eut un impact déterminant sur l’urbanisme comme sur la dimension humaine et à ce titre, mérite une valorisation et une reconnaissance d’importance.  

Pour cela, nous avons décidé de réaliser des actions culturelles ciblées autour de ce patrimoine, qui se dérouleront de septembre 2020 à mars 2021. Celles-ci prendront des formes variées  sur l’ensemble de la Région Nouvelle-Aquitaine. 

   Archimuse souhaite particulièrement axer son propos sur la dimension humaine de la Reconstruction et ainsi créer un échange entre  les générations l’ayant vécu et les générations vivant aujourd’hui au cœur de ce Patrimoine.

Pour ce faire, notre équipe travaille à la réalisation d’expositions, de médiations, de publications, de recueils de témoignages, de ciné-débats et de rencontres artistiques.

   Si la majorité des actions se tiendront à Bordeaux et à Poitiers, nous souhaitons ouvrir notre propos à l’ensemble du territoire néo-aquitain afin de saisir l’importance et la prédominance de ce patrimoine dans notre région. Nous avons ainsi présélectionné 10 sites présentant, à différentes échelles, un patrimoine de la Reconstruction particulièrement intéressant à valoriser : Bordeaux (Métropole), Poitiers, Cerizay, La Rochelle, Royan, Saint-Vivien-du-Médoc, Angoulême, Oradour-sur-Glane, Rouffignac et Biarritz. Ces derniers vont nourrir notre réflexion et notre projet.

 

        Afin de favoriser le déploiement de nos actions et de notre projet sur le territoire, les acteurs culturels locaux sont d’un grand soutien : le réseau des Villes et Pays d’Art et d’Histoire, les maisons de l’architecture de Bordeaux et de Poitiers, les Conseils de l’Architecture, de l’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de chaque département, les Unités Départementales de l’Architecture et du Patrimoine (UDAP), le réseau de la Mémoire filmique de Nouvelle-Aquitaine, via les cinémathèques, ainsi que les archives régionales et départementales. 

Pour finir, nous vous recommandons vivement un article qui traite de l'étude menée sur la Reconstruction d'après-guerre en nouvelle-Aquitaine , par Monsieur Gilles Ragot notamment, historien de l'architecture universitaire à Bordeaux Montaigne.